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Gaz de ville ou gaz naturel ?

Gaz ville ou naturel

Le gaz de ville reste dans les mœurs malgré sa disparition. Pour preuve, c’est souvent le nom que l’on donne à un autre gaz qui s’est démocratisé depuis une cinquantaine d’années : le gaz naturel. Seulement, malgré le fait qu’ils soient tous les deux un gaz sur le plan chimique, ils n’ont que très peu de points communs. L’un est un gaz obsolète, l’autre est la seconde énergie la plus consommée aujourd’hui. Alors, quelles autres différences ont-ils et surtout, si vous voulez vous alimenter en gaz, comment bien choisir ? Voici l’essentiel de ce que vous devez savoir du gaz de ville et du gaz naturel.

 

Le gaz de ville : un gaz d’antan

 

Utiliser le terme de gaz de ville équivaut un peu à voyager un dans le temps. Presque 50 ans en arrière, jusqu’en 1971 pour être exact. Car c’est cette année-là qu’à Belfort, en Franche-Comté, la dernière usine à gaz française ferme définitivement ses portes.

À quoi servait le gaz de ville ?

À cette époque-là, le gaz de ville (ou gaz manufacturé) servait principalement à faire fonctionner les réverbères dans les rues, et ce depuis des décennies. C’est pour cet usage à vocation d’éclairage public qu’on lui a donné le nom de gaz de ville. Il était aussi utilisé pour le chauffage et la cuisson au gaz.

Pourquoi le gaz de ville a cessé d’être distribué ?

Obtenu à partir de la distillation de houille, le gaz de ville avait des propriétés qui n’étaient plus en phase avec son époque et jugées trop dangereuses :

  • composé de dihydrogène et de monoxyde de carbone, sa toxicité en faisait un gaz très dangereux ;
  • il était très peu performant puisqu’il ne dégageait que très peu de chaleur lors de sa combustion ;
  • inodore et inflammable, les risques pour la santé et d’explosions étaient grands.

C’est pour ces principales raisons qu’il a été remplacé par le gaz naturel, lui-même appelé « gaz de ville », à tort. Nous sommes alors passés de gaz d’éclairage à un gaz combustible.

 

Le gaz naturel : un gaz plus propre et plus sûr

 

Le gaz naturel, lui, n’est issu d’aucun procédé de transformation comme pouvait l’être le gaz de ville. D’origine fossile, il est directement extrait depuis la couche terrestre et possède une composition tout autre que le gaz de ville. Sa production a été multipliée par 3 entre 1970 et 2010.

Évolution production mondiale gaz naturel 1970 à 2010

Selon les dernières statistiques de BP datant de 2019, c’est plus de 124 594 m3 de gaz naturel qui sont consommés chaque seconde (au lieu de 110 000 en 2015). La consommation mondiale est de 3 929,2 milliards de m3. Parmi les plus gros consommateurs de la planète, on retrouve les États-Unis, la Russie et l’Iran. La France, elle, se trouve à la 15ᵉ position. C’est d’ailleurs parmi les plus consommateurs que se trouvent les plus gros producteurs.

La production de gaz naturel

La moitié de la production mondiale, selon l’Institut français du pétrole Énergies nouvelles, est partagée entre 5 pays : les États-Unis, la Russie, le Qatar, l’Iran et le Canada. Gazprom, première compagnie productrice de gaz au monde, est en compétition avec son éternel rival : les États-Unis, qui sont le plus gros producteur mondial depuis plus d’une décennie.

Comme le gaz naturel est une ressource fossile, il est avant tout question de l’exploitation de ces réserves naturelles. Et à ce jeu-là, certains pays ont plus de réserves que d’autres. Au vu des besoins actuels en gaz, ces réserves naturelles vont avoir un intérêt économique (et politique) de plus en plus grandissant à mesure que les années vont passer.

Bon à savoir
Selon le rythme actuel, les réserves mondiales actuelles pourront satisfaire la demande pendant encore 50 ans.

 

Réserves naturelles de gaz par pays en 2019
Pays Réserves de gaz naturel
(en milliards de m3)
Russie38 000
Iran32 000
Qatar24 700
Turkménistan19 500
États-Unis12 900
Chine8 400
Venezuela6 300
Arabie saoudite6 000
Émirats arabes unis5 900
Nigeria5 400

Les caractéristiques du gaz naturel

Si ce gaz s’est autant démocratisé et est autant consommé, c’est tout d’abord dû à sa composition naturelle. Fini le monoxyde de carbone, le gaz naturel est, lui, constitué d’hydrocarbures gazeux :

  • méthane (CH4) ;
  • éthane (C2H6) ;
  • propane (C3H8) ;
  • butane (C4H10).

On y ajoute d’ailleurs un THT, le tétrahydrothiophène, à hauteur de 15 à 40 mg/m3, pour le rendre odorant. C’est ce qui lui donne son odeur si particulière et surtout très détectable en cas de fuite.

Bon à savoir
Avant le tétrahydrothiophène, c’était le mercaptan (CH4S) qui était ajouté dans les conduits de gaz pour le rendre détectable. Mais, étant corrosif et ayant une odeur trop particulière (chou pourri), il a été retiré au profit du tétrahydrothiophène.

Non toxique et non corrosif, le gaz naturel est donc beaucoup moins dangereux que ne l’était le gaz de ville. Qui plus est, sa performance énergétique très élevée en fait une énergie rentable et efficace comparée à l’électricité. Pour preuve :

  • pour produire 1 kWh d’électricité, il faut prélever 2,58 kWh d’électricité ;
  • pour produire 1 kWh de gaz naturel, il faut prélever 1 kWh de gaz.

Le prix du gaz naturel

Comme toute énergie, le gaz a un prix. On retrouve deux types de prix sur le marché :

  • les prix proposés par les fournisseurs alternatifs, souvent inférieurs au tarif réglementé ;
  • le tarif réglementé.

Comment est fixé le tarif réglementé du gaz naturel ?

Pour arriver jusque chez vous, le gaz naturel passe par différentes étapes. Et ces étapes ont un coût :

  • coût d’approvisionnement : ces coûts correspondent aux échanges commerciaux avec les producteurs de gaz naturel ;
  • coût de transport et de distribution : fixés par la Commission de régulation de l’énergie, les tarifs régulés d’accès au réseau de transport fixent ces coûts ;
  • coût de stockage : encore fixés par la CRE, ils permettent de stocker l’énergie avant d’être distribuée ;
  • coût de commercialisation : ces coûts sont relatifs à la gestion de la clientèle.

À ces coûts-là s’ajoutent, sur la facture du client, les diverses taxes :

Le tarif réglementé est fixé par les autorités publiques. Les fournisseurs historiques que sont Engie et 22 ELD ont l’obligation de se baser sur ce tarif-là pour leurs offres de gaz. Du moins, c’est ce qui était le cas il y a encore quelques mois de cela.

La fin des tarifs réglementés du gaz

Comme pour l’électricité, le gaz est soumis à un Tarif réglementé en vigueur (TRV). Comme le gaz de ville, il va aussi disparaître.

En effet, suite à la loi Énergie-Climat datée du 8 novembre 2019, et plus particulièrement de l’article 63, le tarif réglementé du gaz naturel ne fera plus partie du monde de l’énergie. D’ailleurs, depuis le 20 novembre 2019, les fournisseurs ne peuvent plus commercialiser d’offre avec un tarif réglementé.

C’est à la date du 23 juin 2023 que tous les contrats avec un tarif réglementé seront rompus. Pour tous les titulaires de ce type de contrat, cela signifie qu’ils ont encore un peu moins de 3 ans pour changer de fournisseur de gaz pour trouver une offre plus adaptée.

Bon à savoir
Pour les professionnels, cette date d’extinction des contrats est le 1er décembre 2020.

 

Les alternatives au gaz naturel

 

Le gaz naturel n’est pas le seul moyen de faire fonctionner vos appareils au gaz à la maison. Vous pouvez tout aussi bien vous fournir par le biais d’un moyen plus pratique, plus transportable : le gaz en bouteille, en gaz en citerne ou en biogaz.

Le gaz en bouteille : même utilisation ?

À l’unité, ces bouteilles de gaz peuvent facilement être utilisées sur vos appareils (gazinière, chauffage, etc.). Pour cela, vous devez seulement être équipé d’un détenteur et d’un tuyau de raccordement. Le fonctionnement sera exactement le même qu’avec un raccordement au réseau de gaz naturel.

Ce gaz est différent du gaz naturel puisque c’est du Gaz de pétrole liquéfié (GPL). Le gaz de pétrole liquéfié est un gaz provenant du raffinage du pétrole. À ce gaz, on y ajoute soit du propane, soit du butane.

Ces deux gaz liquéfiés peuvent avoir un usage domestique. Ce qui va les différencier, c’est la température de vaporisation (passage de l’état liquide à gazeux). Le butane va se vaporiser dès que la température sera supérieure à 0 °C tandis que le propane se vaporise dès que la température dépasse le seuil des - 40 °C.

Pour vous fournir en GPL, vous pouvez vous rendre directement en grande surface ou dans d’autres lieux de vente. Mais si vous souhaitez vous fournir en gaz naturel et que vous n’êtes pas relié au réseau de distribution, vous allez devoir faire une demande de raccordement au réseau de gaz.

Quid du gaz en citerne ?

Enterrées ou aériennes, les citernes de gaz permettent de stocker de gros volumes de gaz dans votre jardin. La citerne est une alternative très intéressante entre le gaz en bouteille et le raccordement au réseau de gaz. 500 kg, 1 tonne, 3 tonnes, la fourniture de gaz en citerne se fait en fonction de la capacité de celle-ci et elle vous assure de longs mois sans avoir à vous réapprovisionner.

Car même si le volume d’achat est souvent conséquent, le rendement est intéressant. Par exemple, le gaz propane (majoritairement stocké dans les citernes) se vend à la tonne et son prix est moins cher en été. Cela vous permet de faire vos réserves de gaz pour l’hiver à un tarif avantageux.

Le biogaz

Le biogaz est un gaz dans l’air du temps. Obtenu par un procédé appelé la « méthanisation », le biogaz est un gaz qui se produit naturellement à partir de matières organiques. Le procédé de fermentation de ces matières dans un espace dénué d’oxygène permet de créer ce gaz si particulier. Raccordé ensuite au réseau de gaz naturel, ce gaz représente l’avenir puisqu’il est une énergie renouvelable. C’est ce que l’on remarque dans sa composition :

  • du gaz carbonique ;
  • du méthane ;
  • du sulfure d’hydrogène ;
  • de l'eau ;
  • des impuretés en tous genres.

Même si aujourd’hui, la production de biogaz ne représente que 2 % de la production d’énergie renouvelable française, ce gaz écologique peut prétendre à de grandes ambitions.

 

Récapitulatif des différents types de gaz

 

Besoin d’une petite synthèse sur les différents gaz énoncés ? Voici un tableau récapitulatif :

Caractéristiques

Gaz de villeGaz naturelGaz en bouteilleGaz en citerneBiogaz

Composition

Dihydrogène et monoxyde de carboneMéthane, éthane, propane et butanePropane ou butanePropaneGaz carbonique, méthane, sulfure d’hydrogène, eau

Emploi

Éclairage de ville, domestiqueDomestique et professionnel

Performance énergétique

Très faibleÉlevée

Risque pour la santé

Très nocifNon toxique et non corrosif

Mode d’installation

RaccordementRaccordementBouteilleCiterneRaccordement

 

Le raccordement au gaz

 

Comme pour un raccordement électrique, le raccordement au gaz vous permet d’être reliés au réseau de distribution de gaz. En France, c’est le gestionnaire de réseau GRDF qui se charge de réaliser cette opération.

Bon à savoir
En France, 11 millions de Français sont raccordés au gaz.

Cette opération se déroule en 5 étapes :

  1. prise de contact avec le service client GRDF par le biais du formulaire en ligne ou directement par téléphone. Au plus tard une semaine après, GRDF vous envoie une offre par mail ;
  2. acceptation de l’offre directement en ligne ou par courrier ;
  3. quelques jours plus tard, un technicien GRDF rentre en contact avec vous afin de finaliser le dossier et planifier les travaux ;
  4. recherche du plombier ou chauffagiste de votre choix pour s'occuper de la partie privative ;
  5. les travaux réalisés, c’est à vous de souscrire un contrat de fourniture de gaz chez le fournisseur de gaz de votre choix. Une fois le contrat souscrit, GRDF va pouvoir procéder à la mise en service de votre installation.

 

Les fournisseurs de gaz

 

La cinquième et dernière étape du raccordement vous demande de souscrire à une offre de gaz, mais laquelle choisir et surtout chez quel fournisseur se diriger ? Pour vous aider, nous vous proposons un bref tour d’horizon des meilleurs fournisseurs de gaz en France et les offres qu’ils proposent :

  • Dyneff : avec une expérience de 60 ans dans la fourniture d’énergie et depuis juillet 2015 sur le marché, Dyneff propose des offres de gaz « sereines » et « malines » ;
  • EDF : le fournisseur historique ne propose pas que des offres d’électricité ! Le gaz fait aussi partie des énergies distribuées par EDF, qui vous propose toute une gamme de produits : Avantage Gaz, Avantage Gaz Durable, Avantage Gaz Connecté et Avantage Gaz Optimisé ;
  • Engie : autre fournisseur historique, propose lui aussi 4 offres de gaz naturel : Gaz Énergie Garantie 2 ans, Confort Connecté, Gaz Ajust et Gaz Tranquillité ;
  • Sowee : EDF est doublement présent sur le marché français du gaz naturel avec Sowee. Ce fournisseur, filiale d’EDF depuis 2016, propose une offre unique de Gaz, sobrement intitulée « Offre Gaz » ;
  • Total Direct Énergie : premier fournisseur alternatif en France et né de la fusion entre deux géants de l'énergie, Total Direct Énergie propose trois offres adaptées à leurs clients et à leurs besoins : l’offre Online, l’offre Classique et l’offre Verte ;
  • Vattenfall : reconnue dans le domaine de l’électricité comme un fournisseur alternatif écologique, l’entreprise suédoise Vattenfall a aussi des offres gaz dans son catalogue : l’offre Gaz Fixe 36 mois et l’offre Gaz Eco.

À noter
Pour trouver la meilleure offre de gaz pour votre appartement ou maison, n’hésitez pas à consulter notre comparateur de gaz !

D’ailleurs, saviez-vous que le changement d’offre de gaz est entièrement gratuit en France et sans contrainte administrative ? Eh oui, il vous suffit de contacter le service client du fournisseur de votre choix et de souscrire à l’offre que vous souhaitez. Ensuite, c’est votre nouveau fournisseur qui prend en charge votre dossier et s’occupe de toutes les formalités administratives. En quelques jours, votre nouveau contrat est mis en service, sans même que vous ne vous en aperceviez.