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L'énergie grise : à quoi correspond-elle ?

Énergie grise

L’énergie grise permet de mesurer l’énergie cachée d’un produit. Déterminée par une Analyse du cycle de vie (ACV), l’énergie grise prend en compte toute l’énergie consommée lors de la fabrication d’un objet ou d’un édifice. Comment la mesure-t-on ? À quels domaines s’applique-t-elle ? Comment la prendre en compte dans notre vie quotidienne ? Choisir.com fait le point avec vous.

 

Énergie grise : définition

 

Selon la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement de (DREAL) de Normandie, la définition de l’énergie grise s’entend ainsi :

 

« Toutes les étapes de vie d’un produit de construction sont énergivores : l’extraction des matières premières, les étapes de transformation, les conditionnements, la mise en œuvre, le recyclage, la destruction et tous les transports utilisés. En additionnant l’énergie primaire consommée à chacune de ces étapes, on obtient l’énergie grise. »

 

Avant d’aller plus loin, il convient de rappeler que la définition d’énergie primaire. D’après l’INSEE, il s’agit de « l'ensemble des produits énergétiques non transformés, exploités directement ou importés ». Il peut s’agir de pétrole, de gaz naturel, d’énergie solaire, etc. L’électricité, en revanche, est toujours considérée comme une énergie secondaire car issue d’une transformation.

L’énergie grise représente donc toute l’énergie primaire consommée pour fabriquer un bien, procéder au recyclage ou le jeter. Elle implique :

  • l’extraction des matières premières ;
  • la production et/ou transformation des éléments qui le constituent ;
  • les divers emballages ;
  • le transport ;
  • l’entretien ;
  • la fin de vie du produit (recyclage ou destruction).

L’énergie grise correspond en fait à « l’énergie cachée » par le produit. Elle mesure ainsi les émissions de CO2 d’un élément donné pendant tout son cycle de vie, « hors vie en œuvre » comme le précise l’Agence régionale énergie – climat (AREC ex-ARENE) Île-de-France. En effet, elle ne prend pas en compte la consommation d’énergie lors de l’utilisation du produit en question.

Comme nous le verrons dans la suite de l’article, elle est complémentaire avec l’énergie directe. Il s’agit de l’énergie effectivement consommée par un équipement en fonctionnement, l’information donnée par les étiquettes énergies.

 

Calcul de l’énergie grise : l’Analyse des cycles de vie (ACV)

 

L’énergie grise peut être mesurée avec diverses unités. En France, on l’exprime souvent en kWh. Parfois, on la retrouve aussi en joules (J).

Pour déterminer l’énergie grise d’un produit, il faut réaliser une Analyse des cycles de vie (ACV). La méthodologie de l’ACV a été fixée par la norme ISO 14040. Selon l’Organisation internationale de normalisation (ISO), « l'ACV traite les aspects environnementaux et les impacts environnementaux potentiels tout au long du cycle de vie d'un produit, de l'acquisition des matières premières à sa production, son utilisation, son traitement en fin de vie, son recyclage et sa mise au rebut ».

L’ACV est réalisée en 4 étapes :

  1. définition de l’objectif de l’analyse : cette première phase permet de poser un cadre avant d’entamer l’étude et de déterminer l’unité utilisée ;
  2. inventaire de cycle de vie : cette étape vise à recenser des flux d’énergies entrants et sortants et les matières premières utilisées ;
  3. examen de l’impact : cette étape permet de mesurer les conséquences sur l’environnement de la fabrication, circulation et destruction du produit ;
  4. interprétation de l’évaluation : cette phase finale vise à appréhender les résultats obtenus et mettre en place des stratégies concernant la fabrication.

Cette analyse permet de bien mesurer l’impact environnemental d’un produit mais elle présente certaines limites.

Les limites de l’analyse des cycles de vie

L’analyse des cycles de vie fait preuve de deux grandes limites. Tout d’abord une limite géographique. En effet, l’énergie consommée à l’international est difficile à mesurer. Il n’est pas toujours facile d’obtenir les informations sur des produits manufacturés à l’étranger. D’autre part, les méthodes de comptage de la consommation ne sont pas toujours les mêmes d’un pays à l’autre. Ce manque d’homogénéité influe sur les résultats.

D’autre part, il existe une limite « juridique ». Dans la plupart des cas, la réglementation n’impose pas la réalisation d’ACV. Par conséquent, il n’est pas obligatoire d’en afficher les résultats. À l’inverse, il est obligatoire pour vendre un bien immobilier ou un appareil électronique de présenter sa classe énergétique au consommateur. Il s’agit de l’énergie consommée lors de l’usage.

Que représente l’énergie cachée dans la consommation ?

Cela dépend de l’objet d’étude (BTP, transports, produits de grande consommation, etc.). En fonction des processus industriels mis en place, elle est plus ou moins importante. D’après l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), l’énergie grise représente les trois quarts des consommations d’énergie en France.

Comment calculer l’énergie grise de ses biens ?

S’intéresser à l’énergie grise permet d’opter pour un mode de vie plus durable. En effet, elle représente la majorité de nos consommations. Cela étant par manque d’information, il est compliqué de la mesurer.

Un particulier tout seul peut difficilement calculer l’énergie grise de ce qu’il possède ou souhaite acheter. En effet, comme on l’a vu, cela reviendrait à additionner tous les kWh d’énergie utilisés pour fabriquer chaque composante d’un produit et y ajouter les transports, le recyclage, etc. Manuellement, ce calcul est impossible.

Pour se faire une idée de l’écobilan d’un objet ou d’un bâtiment, il est possible de se tourner vers des bases de données comme :

  • ecoinvent, une base donnée suisse en anglais ;
  • Base Impacts de l’Ademe ;
  • Gabi, une base de données en anglais d’un éditeur de logiciel d’ACV.

Vous pouvez aussi vous tourner vers le fabricant. Certaines entreprises réalisent des ACV de leurs produits. Parfois, elles les rendent publics dans un souci de transparence. C’est par exemple le cas de Tetrapak, qui met à disposition des consommateurs l’analyse des cycles de vie de certains emballages.

Sinon, il faudra entamer des recherches un peu plus poussées sur internet en faisant attention aux sources.

 

L’exemple des bâtiments

 

L’énergie grise des bâtiments permet de mesurer l’énergie utilisée pour la construction et la destruction d’un édifice. Elle prend en compte les matériaux de construction ainsi que l’énergie consommée lors du chantier.

Elle intervient dans certains processus de labélisation comme, la Haute qualité environnementale (HQE). Il s’agit d’un label crée en 2004. Il mesure les impacts à long terme et à court terme d’un édifice.

Les matériaux de construction

Certains matériaux de construction sont plus écologiques que d’autres. Pour réaliser l’analyse des cycles de vie d’un bâtiment, on se base sur des données préétablies.

À titre d’exemple voici un tableau présentant l’énergie grise d’isolants et matériaux de construction.

Énergie grise des matériaux de construction

Matériau

Énergie grise
Bois0,1 à 0,6 MWh/m3
Polystyrène0,3 à 0,85 MWh/m3
Brique1,2 MWh/m3
Béton armé1,85 MWh/m3
Acier52 MWh/m3
Aluminium190 MWh/m3

En additionnant tous ces éléments, il est possible de mesurer une partie de l’énergie grise du bâtiment.

Énergie utilisée pour le chantier

Outre les matériaux, la consommation d’énergie sur le chantier influe sur l’analyse du cycle de vie d’un logement. Il faut prendre en compte :

  • le transport des matériaux sur le chantier ;
  • le transport des employés ;
  • les installations temporaires sur le site ;
  • le renouvellement des équipements sur le bâtiment ;
  • la destruction de l’édifice.

Le cumul de l’énergie grise des matériaux et du chantier donne l’énergie grise globale de l’édifice.

 

Quid de l’électroménager ?

 

L’électroménager est un secteur très énergivore. La fabrication d’appareils nécessite bien souvent de nombreux procédés industriels. Elle implique aussi une logistique importante et le transport de matériaux.

Il est possible de mesurer l’énergie grise de tous les équipements présents dans un foyer. Bien évidemment, il est impossible d’être exhaustif. Pour vous donner une idée, nous avons décidé de prendre l’exemple de l’énergie grise d’un appareil présent au quotidien : le téléphone portable.

Le cas du smartphone

Les téléphones portables sont parmi les équipements avec un bilan énergétique les plus importants. Pour fabriquer un téléphone, il faut parfois plus de 60 métaux divers.

La fabrication est le processus le plus énergivore. Si l’on en croit Carole Charbuillet, ingénieure de recherche à l’institut des Arts et Métiers de Chambéry, en France :

 

« Nos analyses sur le cycle de vie d’un smartphone menées il y a deux ans montrent qu’il faut au moins cinq ans d’utilisation pour que l’impact environnemental de l’usage soit égal à celui de sa fabrication. »

 

Le faible taux de recyclage influe aussi sur l’analyse du cycle de vie des smartphones. En France, seuls 16 % sont recyclés.

 

Mobilité : énergie grise d’une voiture électrique et thermique

 

Le thème de l’énergie grise intervient aussi dans la mobilité. En effet, pour déterminer si un moyen de transport est polluant, il faut bien entendu regarder ce qu’il consomme en cours d’utilisation mais aussi les processus de fabrication.

En effet, on entend souvent dire que les véhicules électriques sont plus écologiques que les voitures thermiques. Et c’est bien vrai, en cours d’utilisation, elles consomment bien moins que les modèles à essence ou diesel. En effet, l’Ademe considère que sur la route, une voiture électrique rejette 2,34 tonnes équivalent CO2 pour 150 000 kms parcourus. Pour la même distance, un engin thermique émettra 18,26 tonnes équivalent CO2.

En revanche, l’énergie grise d’une voiture électrique est plus importante que celle des voitures thermiques. Si l’on regarde dans le détail, la fabrication d’une voiture électrique induit en moyenne une émission de 6,57 tonnes équivalent CO2, dont la moitié pour la batterie. À l’inverse, une voiture thermique représente 3,74 tonnes équivalent CO2.

Si l’on regarde les deux données, la voiture électrique apparaît plus écologique, à condition d’en faire un usage dans le temps.

 

Zoom sur l’emprise énergétique

 

La notion d’énergie grise a d’abord été utilisée dans le bâtiment puis elle s’est diffusée aux produits de grande consommation. Elle intervient également lorsqu’il s’agit de mesurer l’emprise énergétique d’un ménage.

Selon l’IDDRI, « l’emprise énergétique se définit comme la somme des énergies requises pour satisfaire les besoins en énergie d’un groupe de personnes ou d’un individu. Cette emprise a deux composantes : l’énergie directe, visible sur les factures de gaz, d’électricité ou de carburant ; et l’énergie grise, nécessaire pour satisfaire le reste de nos besoins en biens et services ».

L’emprise énergétique est donc l’un des meilleurs moyens de mesurer son impact sur la planète.

Limiter son emprise énergétique en réalisant des économies d’énergie

Pour diminuer son emprise énergétique, plusieurs solutions s’offrent à vous. Tout d’abord, il convient de limiter sa consommation d’énergie directe. Pour cela, le mieux reste de faire des économies d’énergie. Cela passe par la mise en place d’éco-gestes. Notamment, vous pouvez :

  • baisser votre chauffage d’un degré. Cela induit 7 % d’économies sur vos factures ;
  • dégivrer votre réfrigérateur. En effet, un appareil avec du givre peut représenter 30 % de surconsommation ;
  • utiliser les modes éco des lave-linge et lave-vaisselle ;
  • programmer le chauffe-eau uniquement en heures creuses ;
  • dépoussiérer vos radiateurs électriques, etc.

Ces gestes sont faciles à mettre en place et permettent un gain notable sur vos dépenses en énergie.

Respect de l’environnement et consommation

Vous devez changer certains équipements chez vous ? Au moment de l’achat d’appareils électriques, pensez à bien prendre en compte leur classe énergétique.

Prolongez leur durée de vie en les entretenant bien. Vous limiterez ainsi leur énergie grise. Par exemple, au lieu de changer de smartphone tous les deux ans, gardez-les sur 4 ou 5 années. Pensez ensuite à bien le recycler.

Vous pouvez aussi décider de les remettre en état. Pour faciliter la réparation des produits, il est normalement obligatoire d’afficher dans les points de vente la disponibilité des pièces de rechange. Le fabricant doit pouvoir les fournir sous deux mois au vendeur.

Bon à savoir
Certains appareils sont conçus pour ne pas durer. On appelle cela l’obsolescence programmée. C’est d’ailleurs pour cela qu’ont été renforcées les réglementations sur les réparations. Aujourd’hui l’obsolescence programmée est une pratique illégale. L’article L. 213-4-1 du Code de la consommation la sanctionne d’une peine d’emprisonnement de deux ans et une amende pouvant aller jusqu’à 300 000 €. En effet, dans une logique de diminuer notre emprise énergétique, il faut évidemment aider les consommateurs à pouvoir bénéficier d’appareils qui fonctionnent sur le long terme.

 

Verdir sa consommation d’énergie

En optant pour une offre d’électricité verte et/ou de biométhane, il est possible d’avoir un impact positif sur l’environnement. Bien souvent, cela vous permet aussi de faire baisser vos factures énergétiques. En effet, ces offres sont moins chères que les tarifs réglementés du gaz ou de l’électricité.

De plus, on l’a dit, les habitudes de mobilité influent sur votre emprise énergétique. En optant pour une voiture électrique ou un vélo au lieu d’une voiture thermique, vous pourrez diminuer drastiquement vos rejets de CO2. Vous ferez aussi des économies de carburants. Concernant les dépenses en électricité, elles sont très faciles à maîtriser. Il existe des offres spéciales d’électricité pour les voitures électriques. Basées sur les énergies renouvelables, ces offres vertes s’adaptent à votre consommation. Elles sont souvent très économiques.

Bon à savoir
Il est très facile de changer de fournisseur d’énergie. En France, les contrats de gaz et d’électricité sont sans engagement. Vous n’avez ni préavis à donner, ni frais de résiliation à payer. Il suffit de souscrire une nouvelle offre. Afin de trouver la meilleure offre d’électricité verte et de biogaz, vous pouvez utiliser notre comparateur d’énergie. Pour bénéficier d’un conseil téléphonique, n’hésitez pas à appeler gratuitement les conseillers de Choisir.com au 09 71 07 27 32.